Les 4 tâches du deuil de la relation amoureuse

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1 Reconnaître la réalité de la séparation d’avec la personne aimée.

Dans un premier temps, il va être important d’accepter la réalité de la séparation, même s’il est souvent facile d’imaginer un retour en arrière pour que tout revienne en avant.
C’est la réalité et le quotidien qui va nous ramener en plein visage le fait qu’il y a eu séparation.
Ça peut être par les démarches administratives (rupture pacse, divorce, déménagement etc.), le fait de ramener les affaires personnelles à l’autre, les « dates anniversaires » du couple qui se vivent seule.

Une personne peut continuer à préparer le café pour deux le matin, par habitude, avant de se rendre compte que l’autre n’est plus là. Ces détails du quotidien peuvent être des rappels douloureux mais nécessaires pour ancrer la réalité de la séparation.

Cette étape peut aussi inclure des moments de déni, où l’on imagine que l’autre va revenir ou que la rupture n’est que temporaire. Par exemple, garder le lit fait pour deux ou éviter de changer les codes d’accès partagés peut être une manière inconsciente de nier la séparation

2.Reconnaître et exprimer les émotions liées à la perte.

Il est facile de faire semblant que tout va bien et en même temps refuser ses émotions c’est courir le risque d’aller plus mal. Il y a plusieurs freins à l’expression des émotions comme l’incapacité à nommer les émotions, la peur du regard des autres, s’interdire de partager/afficher ses émotions pour « protéger » l’autre.
L’expression de sentiments permettra à la peine de s’exprimer. Cette tristesse de la séparation peut prendre du temps, elle peut aussi être accompagnée de divers émotions/sentiment comme la colère (contre l’autre ou soi), de culpabilité, de honte etc. C’est un processus douloureux qui prend du temps. Temps dont on ne peut pas faire l’économie. Il n’y a pas de solution magique à part accepter de traverser ce fleuve d’émotions.
 Une personne peut ressentir de la colère envers son ex-partenaire pour avoir « gâché » des années de sa vie, ou envers elle-même pour ne pas avoir vu les signes avant-coureurs de la rupture. Cette colère peut se manifester par des crises de larmes, des accès de rage, ou même un sentiment d’engourdissement émotionnel.

Il est important de ne pas juger ses émotions. Par exemple, il est normal de ressentir de la tristesse même si c’est soi qui a initié la rupture. Des outils comme la journalisation, la thérapie ou même des conversations avec des amis de confiance peuvent aider à exprimer ces émotions de manière saine.

3.Préserver la mémoire et créer un nouveau lien.

Dans la colère de la séparation, il est bien souvent facile de vouloir se débarrasser de tout ce qui pourrait être source de souvenir qui sera parfumé à l’odeur de la douleur dans un premier temps. La personne avec qui on a passé plusieurs mois/années a fait partie de notre vie qu’on le souhaite ou non, on ne peut pas l’effacer comme ça. Certes est ce que garder les trois milles photos est utile, je ne pense pas. Et en même temps il ne faut pas tout effacer quand même, en garder une petite partie me semble un juste milieu.  Une personne peut décider de garder une boîte avec quelques souvenirs (une lettre, un bijou, une photo) tout en se débarrassant des objets qui rappellent trop douloureusement la relation, comme les vêtements ou les cadeaux symboliques.
Dans un autre registre, il arrive que certaines personnes regardent en boucle les photos, relisent les messages encore et encore, repassent les messages vocaux etc. Cette tentative de solution pour essayer d’apaiser sa peine est en réalité malsaine sur le long terme, c’est vrai que dans un premier temps ça peut faire du bien et on ne peut pas vous en vouloir de le faire, le problème réside dans la répétition car plus c’est réalisé encore et encore et plus ça empêche le travail de séparation de s’effectuer, ce qui ne fait que prolonger le travail du deuil de la relation.

C’est un travail d’acceptation long et douloureux à faire, acceptation de l’autre dans ses aspects positifs comme négatifs, l’acceptation de ne plus penser à lui/elle tout les jours car je sais que je ne l’oublierai jamais, ainsi qu’à la renonciation de la souffrance qui garde le lien.

Cette étape peut aussi inclure un travail de « réécriture » de l’histoire de la relation. Par exemple, au lieu de se focaliser sur les moments heureux, on peut aussi reconnaître les aspects négatifs qui ont conduit à la rupture, ce qui aide à accepter que la séparation fût peut-être nécessaire.

 4.Développement d’une identité nouvelle et un nouveau rapport au monde

Après la séparation, il va y avoir une réadaptation à une nouvelle configuration du système dans lequel on vit, ça peut être revivre une vie de célibataire, comment on fait pour vivre avec les enfants dans un système de garde alterné etc. Une personne qui était habituée à partager toutes ses décisions avec son partenaire peut maintenant se retrouver à devoir prendre des décisions seule, comme choisir un nouveau logement, gérer ses finances ou même décider de ses loisirs. Cela peut être à la fois libérateur et angoissant.

Il y a aussi une reconnexion avec une nouvelle vie quotidienne, avant dans le couple il y avait des habitudes, des rituels, des façons de faire qui maintenant n’ont plus lieu d’être.

Cette étape peut aussi inclure la redécouverte de passions ou d’intérêts personnels qui avaient été mis de côté pendant la relation. Par exemple, reprendre un sport, voyager seul ou se lancer dans un nouveau projet professionnel peut aider à reconstruire une identité indépendante.

En conclusion il ne faut pas oublier :

  • Le rôle du temps : Le deuil est un processus non linéaire. Il est important de souligner que certaines personnes peuvent avancer rapidement dans certaines étapes et revenir en arrière dans d’autres. Par exemple, une personne peut accepter la réalité de la séparation mais ressentir à nouveau de la colère des mois plus tard.
  • Le soutien social : Mentionner l’importance de s’entourer de personnes bienveillantes, que ce soit des amis, de la famille ou des groupes de soutien. Par exemple, participer à des groupes de parole pour personnes divorcées peut aider à se sentir moins seul.
  • La comparaison sociale : Ajouter que se comparer à d’autres personnes qui semblent « s’en sortir » plus vite peut être contre-productif. Chacun vit son deuil à son rythme.

Pour finir un texte de Jean d’Ormeson

A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous.

Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage…

Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train.

Et ils seront importants : notre fratrie, amis, enfants, même l’amour de notre vie. Beaucoup démissionneront (même l’amour de notre vie) et laisseront un vide plus ou moins grand. D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.

Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’au-revoir et d’adieux. Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes. On ne sait pas à quelle station nous descendrons.

Donc vivons heureux, aimons et pardonnons ! Il est important de le faire, car lorsque nous descendrons du train, nous devrions ne laisser que des beaux souvenirs a ceux qui continuent leur voyage… Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.

Aussi, merci d’être un des passagers de mon train. Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous. Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train.

Mouchel Edouard, psychothérapeute

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