Les crises d’hyperphagie se manifestent par des épisodes où la personne mange, en un temps limité, une grande quantité de nourriture sans réelle faim. Ces moments sont souvent suivis d’un profond sentiment de culpabilité, de perte de contrôle, voire de dégoût de soi.
Contrairement à la boulimie, il n’y a généralement pas de comportements compensatoires (vomissements, jeûnes, sport excessif, etc.).
Dans le modèle de Palo Alto, ces crises ne sont pas considérées comme un symptôme à éradiquer, mais comme une tentative de solution mise en place pour faire face à une difficulté émotionnelle ou relationnelle devenue trop lourde. Autrement dit, la crise n’est pas « le problème » : elle est la meilleure réponse trouvée jusqu’ici pour réguler une tension interne.
Quand le symptôme fait office de régulateur
L’hyperphagie remplit souvent une ou plusieurs fonctions inconscientes :
-Apaiser une émotion trop forte (anxiété, solitude, colère, vide intérieur…) ;
-Reprendre du contrôle quand tout semble échapper ;
-Exprimer un message non verbal que les mots n’arrivent pas à formuler ;
-Créer une bulle de retrait, un moment suspendu où l’on s’autorise enfin à lâcher prise.
Sur le moment, la crise apporte un soulagement réel, mais de courte durée. Rapidement, la culpabilité et la honte reprennent le dessus, relançant le cercle du contrôle et de la perte de contrôle.
Le cercle vicieux des tentatives de solution
Dans la logique interactionnelle de Palo Alto, ce sont souvent les tentatives pour résoudre le problème qui l’entretiennent.
Face aux crises, la personne met en place des stratégies qui, à première vue, paraissent logiques mais qui renforcent paradoxalement la difficulté :
-Multiplier les régimes et restrictions ;
-Se culpabiliser ou se promettre de « ne plus recommencer » ;
-Chercher à comprendre sans agir, en s’enfermant dans l’analyse ;
-Subir la pression du regard extérieur ou de proches bien intentionnés.
Plus la personne tente de contrôler son comportement, plus la tension augmente… jusqu’à ce que la crise revienne.
Le système se referme sur lui-même.
Le travail thérapeutique
L’approche systémique et stratégique vise à désamorcer ce cercle plutôt qu’à lutter contre le symptôme.
Le travail consiste à :
-Identifier la fonction utile de la crise pour la personne ;
-Comprendre ce qui maintient le problème au quotidien ;
-Introduire de nouvelles façons de réagir et de se positionner face à la tension émotionnelle.
À travers des recadrages, des prescriptions comportementales et une réflexion sur les interactions, le thérapeute aide à redonner de la souplesse et à retrouver du pouvoir d’action autrement que par la nourriture.
La crise d’hyperphagie n’est pas une faiblesse ni un manque de volonté.
C’est une stratégie d’adaptation devenue inopérante, un signal que quelque chose cherche à s’exprimer.
Le travail thérapeutique ne vise pas à supprimer brutalement le symptôme, mais à comprendre sa logique, à changer le rapport que la personne entretient avec lui, et à permettre qu’il perde naturellement sa raison d’être.
Pour vous aider et vous accompagner dans la réduction, voir l’arrêt de ces « crises » je vous invite à prendre rendez-vous.
Mouchel Edouard, psychothérapeute


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