Liste des Choses à Faire pour être Malheureux : Une Perspective Thérapeutique

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L’exercice du « Comment aggraver »

Dans l’approche systémique et stratégique de l’école de Palo Alto, il existe un outil thérapeutique étonnant appelé « comment aggraver ».

Il est utilisé lorsque la personne a déjà beaucoup essayé pour aller mieux, mais que rien ne change vraiment. Dans ces cas-là, on considère que les efforts fournis — bien qu’ils partent d’une bonne intention — entretiennent malgré tout le problème.

Le thérapeute propose alors quelque chose de paradoxal : plutôt que de chercher à aller mieux, il invite à imaginer comment faire pour aggraver volontairement la situation.

Ce renversement crée souvent une prise de recul immédiate :

-il fait sortir de la logique de lutte contre le problème,

-il ramène du jeu et de la légèreté,

-il redonne à la personne un sentiment de contrôle sur ce qu’elle croyait subir.

Par exemple : une personne sujette à des angoisses pourrait entendre la question :

« Si vous vouliez faire une crise d’angoisse encore plus forte, comment feriez-vous ? »

Cette demande surprenante amène souvent un sourire… puis une prise de conscience : il n’est finalement pas si simple “d’aggraver” volontairement le symptôme. Ce décalage permet souvent au changement de s’enclencher naturellement.

L’objectif n’est pas d’empirer les choses, mais de sortir du piège des tentatives de contrôle, et de permettre à la personne de retrouver une position plus libre et plus souple face à sa difficulté.

La forme classique du comment aggraver est la suivante ;

« Si je voulais de manière absurde m’efforcer volontairement et délibérément non pas d’améliorer la situation mais d’aggraver la situation, que devrais-je faire ou ne pas faire ? Que devrais-je penser ou ne pas penser, si de manière absurde, je voulais volontairement tout faire pour empirer la situation ?  » 

Il peut être intéressant de se poser la question et d’en dresser une liste.

Ladite liste pour avoir le nom de « liste des choses à faire pour être malheureuse », ainsi on va pouvoir retrouver une sorte de contrôle sur les choses qu’on va faire et éviter de faire. Si jamais on fait des activités de cette liste, ce n’est pas grave, néanmoins maintenant on a conscience que ça aggrave notre problème.

Mouchel Edouard, psychothérapeute

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